Ça y est.

J’ai lu « Même pas mort », le dernier Jaworski.

Je dois dire que je n’ai pas été déçu. Pourtant, après « Gagner la guerre », l’attente était immense.

« Même pas mort » est le premier tome d’une trilogie celtique, qui nous raconte l’enfance et le passage à l’âge adulte du héros. Une sorte d’introduction qui nous fait découvrir le background du héros, et qui pose les fondations des tomes à venir, un peu comme dans « Le Chevalier », le premier tome de « Haut Royaume » de Pierre Pevel.

Comme pour les précédents romans de Jean-Philippe Jaworski (et peut-être même plus encore), le travail sur les mots, le vocabulaire, est extrêmement riche, mais ce n’est jamais un obstacle pour la lecture. En fait, les mots, le champ lexical choisi, contribuent à la crédibilité du récit. Il en va de même de la description de la culture celte, que l’auteur nous fait découvrir page après page. Elle est d’une violence extrême, mais, là encore, ça sonne toujours juste et cette violence n’est jamais gratuite. La scène de défi entre Comargos et Troxo, deux champions tribaux, est à elle seule une géniale explication de cette culture ou mourir avec gloire est plus important que vaincre sans.

Et il y a les personnages… une sacré galerie. Ici encore, les personnages sont magnifiques. Mais ce qui est original, c’est que ce n’est pas le héros qui est le plus attachant, ce sont les « second rôles ». Héros, seigneurs de guerres, rois, reines, bardes, parents, tous sont dépeints avec une profondeur qui nous immerge dans les détails et les intrications de la culture celte. Derrière les mots de Jaworski, on les devine tous  usés, abimés, patinés par la dureté de la vie (la référence à l’Ile des Jeunes par Bellovese, le héros, est un grand moment). Puis il y a Suobnos, mon personnage préféré, tout en mystères, à la croisée entre les mondes…

Cette lecture a évoqué deux choses pour moi :

« Slaine », la BD de Mills et Bisley, publiée en 1989. Un choc à l’époque. L’ambiance de « Même pas mort » m’a très souvent remémoré les fantastiques images produites par Bisley.

L’univers de Glorantha, et notamment de la culture orlanthi, évidemment. Comment ne pas associer la culture et les valeurs des tribus celtes de « Même pas mort » et celles des tribus orlanthi ? Leur rapport à la guerre, à la mort, à l’honneur, à l’hospitalité, à la gloire… Enfin, les passages « de l’Autre Coté » du roman (un vrai bonheur) rappelle totalement ceux de Glorantha, lors des Quêtes Héroïques par exemple. Dans les deux cas, de l’Autre Coté, les héros sont dans le temps du Mythe, en interaction avec les dieux ou dieux eux-mêmes. Et ce qu’ils font de l’Autre Coté impactera le monde des vivants à un moment ou un autre.... Quoi qu’en dise la nouvelle ligne éditoriale, il y a du celte chez les orlanthis. En tout cas, il y en aura dans prochaines parties…

En conclusion, je ne peux que vous inviter à vous jeter sur ce roman extrêmement bien écrit, qui raconte l’histoire de la jeunesse de Bellovese. Immense bravo et merci à Jean-Philippe Jaworski pour ce plaisir de lecture. J’attends la suite avec impatience…